Le sympétrum de Fonscolombe © Michel Genvrin

Inventer une ruralité moderne

Une opportunité à saisir

Autour d’Uzès, entre les Cévennes et le sillon Rhodanien existe un territoire homogène, riche de sa garrigue, de son patrimoine historique, de sa biodiversité et du savoir-faire de ses habitants.

Mais l’identité de ce territoire est menacé par :
– la déprise agricole qui induit la fermeture des milieux de garrigues,
– Les pressions sur la ressource en eau, enjeu du 21ème siècle,
– les pressions urbaines et le mitage du territoire,
– la banalisation des paysages, composante de notre patrimoine,
– les faibles perspectives de développement économique.

 

Le projet de Parc Naturel Régional des Garrigues actuellement à l’étude est une formidable opportunité pour :

  • consolider et amplifier une identité aujourd’hui fragilisée,
  • créer un fort sentiment d’appartenance à un territoire,
  • favoriser un développement économique ancré sur les richesses territoriales,
  • permettre un dialogue et une coopération équilibrés avec les agglomérations environnantes.

Définition : Un Parc naturel régional (PNR) est un territoire rural habité, reconnu au niveau national pour sa forte valeur patrimoniale et paysagère, mais fragile, qui s’organise autour d’un projet concerté de développement durable, fondé sur la protection et la valorisation de son patrimoine.

L’étude d’opportunité et de faisabilité

L’étude de faisabilité d’un PNR des Garrigues* a été portée par le Syndicat Mixte des Gorges du Gardon avec le financement de la Région Occitanie entre 2013 et 2017. *nom provisoire . C’est un document conséquent que vous pouvez consulter sur le site officiel du Projet et qui démontre la pertinence de poursuivre la démarche. L’étude se présente en 2 parties :

PARTIE 1
– Diagnostic du territoire (contexte, éléments identitaires, enjeux de dvlpt…)
– Évaluation de nos patrimoines (paysagers, naturels et culturels)
– Évaluation de la motivation des acteurs locaux (2013-14).

PARTIE 2
– Etudes du périmètre du projet
– Concertation des acteurs locaux (2016-17)
– Organisation pour l’élaboration de la Charte (création d’une Association de Préfiguration)

EXTRAITS CHOISIS DE L’ETUDE & DÉCODAGE

Contexte

« L’ensemble des garrigues constitue le plus grand « écosystème » de la Région” (cf SRB : Stratégie Régionale de Biodiversité).
Par ailleurs, le milieu des “garrigues” constitue une originalité paysagère au sein du réseau actuel des PNR. Ce serait donc le 1er “Parc Naturel Régional des Garrigues”.

Eléments identitaires & Enjeux de développement

  • Identité historique forte marquée par le Duché d’Uzès et la Romanité (sentier de l’aqueduc, Pont du Gard, mosaïques d’Uzès)
  • Zone de transition entre littoral et Cévennes, successions de plateaux séparés par les rivières.
  • Prégnance de la garrigue dans un ensemble paysager exceptionnel
  • Un espace encore rural en mutation « entre ville et campagne »
  • Un territoire sous l’influence de plusieurs pôles urbains avec Uzès « en son cœur »
  • Une agriculture « ancrée au territoire » qui résiste bien aux mutations
  • Des sites touristiques majeurs (Site Unesco Pont du Gard, Grand Site Gorges du Gardon, Uzès ville d’Art et d’Histoire) avec des villages de caractère, villages perchés, châteaux, sites inscrits et classés, un patrimoine vernaculaire riche et diversité (fontaines, lavoirs, capitelles, murets…)

Le périmètre du projet

  • Etude démarrée en 2012 avec 119 communes, périmètre retenu en 2016 de 80 communes + 16 associées et 6 villes-portes
  • Un ensemble révélateur d’une identité autour des « garrigues »
  • Une cohérence et une pertinence des limites (identité historique / composante paysagère)

 5 défis majeurs / Les fondements du projet

  •  Faire valoir les spécificités rurales dans une nouvelle dynamique territoriale en recherchant la complémentarité avec les agglomérations voisines. Cette orientation correspond « au centre de gravité rural » au sein de la « métropole en réseau » (comprendre l’axe Nîmes-Alès) prévu dans le Schéma Régional d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire (SRADDT).
    Les PNR permettent une “complémentarité constructive” avec les dynamiques urbaines des agglomérations à nos portes (Nîmes, Alès, Avignon) dans un nouveau rapport “grandes villes-campagne”. 
    >>Lire le dossier du Magazine des Parcs à ce sujet. C’est également le thème du Congrès annuel de la Fédération des PNR.
  • Faire connaître et partager, entre anciens et nouveaux habitants, l’ensemble des éléments identitaires lié à la garrigue (évolution des paysages, pratiques et savoir-faire, productions…) et à l’histoire pour affirmer une identité forte et renforcer le sentiment d’appartenance au projet collectif. Notre territoire attire en effet de nouveaux résidents dans des proportions importantes, la campagne est devenue pluriculturelle : des néoruraux, des cadres urbains télétravailleurs, résidents de weekends, résidents secondaires…
  •  Renforcer la qualification du territoire autour d’une agriculture et d’un tourisme lié aux richesses et aux potentialités du territoire. (« identitaires et non délocalisables »).
    ⇒ développer les emplois liés au tourisme de terroir (productions agricoles, culture,…) et de l’agriculture « paysanne » (de qualité, bio,…) en s’appuyant sur l’innovation et    l’exemplarité.
  •  Devenir un territoire exemplaire et démonstratif sur quelques filières d’avenir génératrices d’emplois : Ecotourisme /éco-construction à partir de matériaux locaux / agriculture biologique / plantes aromatiques et médicinales (PAM) /énergies renouvelables /économie sociale et solidaire …
  •  Mettre en place une « gouvernance territoriale novatrice » et innovante de co-construction avec tous les acteurs locaux (élus, professionnels, associations). Les parcs “nouvelle génération” intègrent les acteurs de la société civile au pilotage des politiques territoriales
    Par ailleurs, les territoires candidats au classement de PNR devront faire preuve d’imagination et d’innovation pour que les candidatures soient retenues
    ⇒ positionnement stratégique, articulation charte/SCot, missions /compétences du syndicat mixte de PNR.

La mise en oeuvre

Le choix s’est porté sur la création d’une association pour conduire la phase préliminaire du projet dite « en préfiguration ». Cette « Association de Préfiguration » n’a pas vocation à perdurer, elle évoluera en syndicat Mixte de PNR lors de l’obtention du label Parc, délivré par l’Etat.

Une concertation de tous les acteurs pour l’élaboration de la Charte

1/ Les membres fondateurs (3 collèges) :
– La Région Occitanie
– Le Département du Gard
– Le bloc communal réparti en 4 sous-collèges :
– les communes
– les communautés de communes ou d’agglomération
– les communes associées
– les villes-portes

2/ Les membres de droit, dénommés Territoires associés :
Les organisations publiques de protection, d’aménagement et de développement du territoire : SMGG, Syndicat mixte de SCoT, PETR (Pôle d’Equilibre Territoriale et Rural), Pays, Syndicats de Bassin (SMAGE des Gardons, AB Cèze), EPCC (Etablissement Public de Coopération Culturelle) du Pont du Gard,

3/ Les membres associés, regroupés en 2 collèges :
Les organisations socio-économiques du Gard (Chambre d’Agriculture, des Métiers et de l’Artisanat, CCI, fédération des caves coopératives, des constructeurs de bâtiments, agence de réservation touristique, acteurs économiques de la culture…)
Les organisations environnementales, sociales et culturelles du Gard (où se trouve l’association des Amis du PNR des Garrigues)

La cotisation du bloc communal est définie, pendant la phase de préfiguration, à 1€ par habitant. Elle a été calculée sur la base des moyens nécessaires pour que l’association rédige la Charte et obtienne le label.

Premières actions démonstratives

Une fois l’Association de préfiguration créée, et en parallèle de l’élaboration de la Charte qui nécessitera un travail de concertation de 2 à 3 années, un fond d’amorçage de 30.000 € est prévu pour engager des « actions pilotes » qui sont déjà matures et/où les attentes sont fortes.

Les pistes pour les premières actions pilotes :

Restauration du petit patrimoine en pierre sèche / Gestion forestière via le pastoralisme / Approvisionnement local des cantines scolaires / Harmonisation de l’affichage publicitaire / Voie verte Alès-Uzès…

Voir également :
les pistes des ateliers des Vèmes Rencontres du Pont du Gard

→ les pistes des tables rondes organisées dans le cadre de l’étude de faisabilité en juin 2013.